Jean-Baptiste, après 15 ans de voyages et d’expéditions, qu’est-ce qui vous a donné envie de reprendre Bivouak et de vous concentrer précisément sur des soins cosmétiques pour hommes fabriqués en France ?
Je tiens tout d'abord à préciser que les 15 années de voyages et d'expéditions se sont principalement réalisées autour de mes études, mes stages et mes activités professionnelles qui m'ont effectivement emmené sur une bonne partie de la terre, en plus de quelques voyages pour le loisir.
L'aventure entrepreunariale a souvent été là pendant ces 15 années, et c'est ce qui fait que, lorsque j'ai eu l'opportunité de me pencher sur la reprise de Bivouak, je me suis dit qu'il y avait moyen de continuer à développer quelque chose de beau ! Et de mener Bivouak encore plus loin. Enfin, je suis consommateur plutôt modéré de cosmétiques mais n'ai, à vrai dire, jamais trouvé de produits qui me convenaient vraiment jusqu'à ce que je découvre Bivouak. Et alors là j'ai été convaincu.
Vous vous définissez comme un « chef d’expédition » qui teste chaque produit sur le terrain : concrètement, comment ces conditions réelles (Alpes, voyages, activités outdoor) influencent-elles la formulation et le choix des ingrédients de vos soins pour hommes ?
Je suis souvent dehors, que ce soit en forêt, en montagne, à pied, à ski, à moto, il faut donc des produits qui soient efficaces tout en respectant la nature que j'aime traverser. Il faut aussi que le format soit pratique et le contenant recyclable pour aller jusqu'au bout de cette implication responsable. C'est dans ce sens que le gel hydratant par exemple est à 99,9 % d'origine naturelle et 90,35 % d'origine biologique; le déodorant est à 100 % d'origine naturelle; comme l'huile à barbe ou le baume multi-usages. Il faut aussi que le gel hydratant ne colle pas, et ne soit pas gras, puisque c'est ce que nous les hommes préférons majoritairement dans l'utilisation de nos produits. Enfin, Bivouak donne 1% de son CA à 1% For the Planet, toujours dans cette idée de défendre notre nature.
Le marché des cosmétiques masculins naturels et bio explose en France : qu’est-ce qui, selon vous, freine encore certains hommes à passer à des soins clean et fabriqués en France, et comment Bivouak essaie-t-elle de lever ces blocages au quotidien ?
Le premier frein, c'est encore une image. Beaucoup d'hommes associent le bio à quelque chose de féminin, de compliqué, ou d'inefficace. Le deuxième, c'est la lisibilité, des listes d'ingrédients illisibles, des promesses marketing qui ne veulent rien dire. Chez Bivouak, on essaie de lever ça par la simplicité, une gamme resserrée, des produits multi-usages, des textes clairs sur ce qu'il y a vraiment dedans. On ne cherche pas à convertir un homme aux codes de la cosmétique, on veut que ça reste simple, rapide, et efficace, comme le reste de sa routine.
Vos produits sont ultra-concentrés en actifs naturels, certifiés bio pour la plupart, et 100 % fabriqués dans l’arc alpin près d’Annecy : pouvez-vous nous détailler un exemple de produit (par exemple le déodorant ou le soin visage) et expliquer en quoi sa composition et sa fabrication locale font vraiment la différence sur la peau et sur l’environnement ?
Je prendrais l'exemple du déodorant solide. Il est fabriqué dans l'arc alpin par notre laboratoire partenaire, avec une formule à 100% d'origine naturelle, sans aluminium ni composés de synthèse superflus. Le fait qu'il soit fabriqué à quelques dizaines de kilomètres de chez moi change deux choses concrètes, le contrôle qu'on a sur chaque lot, et l'empreinte logistique du produit. Sur la peau, c'est une formule qui respecte le microbiome plutôt que de le bloquer. Sur l'environnement, c'est un emballage sans plastique inutile, en carton (ou verre ou aluminium pour les autres produits), et une chaîne de fabrication qu'on peut littéralement aller vérifier sur place.
Entre la mention Slow Cosmétique, l’absence de synthétique, les emballages quasi sans plastique et la compensation carbone logistique, où se situent les plus gros défis quand on veut concilier efficacité, plaisir d’usage et exigence environnementale dans des soins masculins made in France ?
(attention, le label Slow Cosmétique n'existe plus, nous l'avons supprimé de nos produits et de notre site. Nous restons Cosmebio.) Le vrai défi, c'est de ne jamais sacrifier l'un pour l'autre. Il est facile de faire un produit propre qui ne fonctionne pas, ou un produit efficace qui n'a de naturel que l'étiquette. Nous, on est certifiés Cosmébio (certains produits sont 99.9% bio, d'autres sont 100% d'origine naturelle) et engagés via 1% For the Planet, avec des emballages en verre et aluminium pour limiter le plastique au maximum, et maximiser le recyclage de nos contenants. Le point le plus dur reste potentiellement la logistique de tout cela. C'est là que produire localement (dans les Alpes, entre Annecy et Nice) prend du sens, tout en essayant que la livraison partout en France / Europe / monde ne devienne pas un non-sens écologique. D'ailleurs notre logisticien est certifié Ecocert et n'utilise pas non plus de plastique. C'est un travail permanent d'arbitrage, pas une case qu'on coche une fois, mais pour lequel j'ai plaisir à m'impliquer quotidiennement !
En tant que pionnier positionné très tôt sur le bio et le made in France pour les hommes, comment voyez-vous évoluer ce segment dans les cinq prochaines années : vers plus de technicité, de simplicité, de local, ou au contraire une forme de surenchère marketing autour du « clean » ?
Je pense qu'on va voir un tri se faire. Il y aura une vague de surenchère marketing autour du mot "clean", parce que c'est devenu un argument de vente facile. Mais je crois aussi qu'une partie du marché va se resserrer autour de vraies exigences, plus de local, plus de traçabilité, moins de gammes à rallonge, moins de plastique, plus de composants bio, respectueux de la peau et de l'être humain, et en plus grand pourcentage. Aussi, les hommes qui sont venus aux soins ces dernières années ne veulent pas d'une routine en dix étapes non plus, ils veulent des produits qui font ce qu'ils promettent, qui soient efficaces tout en respectant l'environnement, et qui soient fabriqués localement (pas à l'autre bout du monde j'entends). C'est cette simplicité exigeante qui, je pense, va s'imposer. Ou du moins c'est celle que nous allons continuer de défendre fièrement :)
Quel conseil donneriez-vous à un homme qui n’a jamais vraiment pris soin de sa peau ou de sa barbe et qui souhaite commencer, avec des produits naturels fabriqués en France : par où démarrer et quelles erreurs éviter ?
Ne pas chercher à tout changer d'un coup. La première erreur, c'est de vouloir une routine complète dès le départ, ça décourage plus vite que ça n'aide. Je conseillerais de commencer par un seul geste, un gel nettoyant visage ou un baume à barbe par exemple, et de le tenir dans la durée avant d'en ajouter un deuxième. L'autre erreur classique, c'est de choisir un produit sur la promesse plutôt que sur la liste d'ingrédients. Mieux vaut un produit simple et honnête qu'une formule qui multiplie les promesses. Le soin, comme beaucoup de choses, ça se construit avec de la régularité, pas avec de la quantité. Nous allons d'ailleurs bientôt sortir un nouvel outil de diagnostic personnalisé, mais je n'en dis pas plus :)
Pour en savoir plus : https://bivouak.fr