Jean-Pierre, vous avez plus de 35 ans d’expertise en phytothérapie, aromathérapie et biologie marine : qu’est-ce qui vous a conduit, très concrètement, à centrer SidiB sur la réinvention de la routine beauté après 40 ans, et en particulier sur l’huile de graines de figue de Barbarie ?
Pendant plus de trente-cinq ans, j’ai participé au développement de centaines de produits naturels. J’ai longtemps pensé que l’innovation consistait à créer un nouvel actif, une nouvelle formule ou une nouvelle promesse. Puis j’ai commencé à rencontrer de plus en plus de femmes qui ne savaient plus quoi choisir. Leurs salles de bain étaient pleines, mais elles comprenaient de moins en moins leur peau.
Après 40 ans, cette confusion devient souvent plus forte. La peau évolue : elle peut perdre en confort, en souplesse et en éclat, devenir plus réactive ou marquer davantage. Pourtant, on continue parfois à lui appliquer des routines conçues comme une accumulation de réponses à chaque problème.
J’ai progressivement compris que la véritable innovation consistait peut-être moins à ajouter qu’à enlever : observer la peau, respecter son équilibre et choisir quelques gestes réellement pertinents. C’est la réflexion qui traverse mon livre Moins. Mais mieux. : comprendre avant d’accumuler et remettre le bon sens au centre du soin.
L’huile de graines de figue de Barbarie s’est imposée comme le symbole de cette démarche. Elle est naturellement riche, complète, rare, et peut être utilisée pure. Elle permet donc d’illustrer une conviction simple : lorsque la nature produit déjà un actif remarquable, notre rôle n’est pas de le noyer dans une formule complexe, mais de préserver sa qualité. SidiB l’a ainsi choisie pure, extraite à froid, sans dilution ni ajout, dans un flacon destiné à la protéger de la lumière.
Quand une femme de 45, 50 ou 60 ans vous dit : « Ma peau a changé, je ne comprends plus ce qui lui convient », comment lui expliquez-vous l’approche SidiB pour repenser sa routine : quels gestes, quelles simplifications, quelles priorités absolues selon vous à cet âge-là ?
Je commence par lui dire que sa peau n’est pas devenue « mauvaise » ou imprévisible. Elle a simplement évolué. Il ne faut donc pas chercher à retrouver à tout prix la peau de ses 25 ans, mais apprendre à prendre soin de celle qu’elle a aujourd’hui.
La première priorité est d’arrêter de tout changer en même temps. Lorsqu’une routine comporte plusieurs nettoyants, sérums, acides, crèmes et huiles, il devient presque impossible de comprendre ce qui apporte réellement quelque chose ou, au contraire, ce qui provoque une gêne.
Je propose de revenir à cinq fonctions essentielles : nettoyer doucement, hydrater ou rafraîchir, nourrir et révéler, gommer avec modération, purifier ponctuellement. Le communiqué de presse présente cette méthode comme une approche où la qualité et la pertinence des gestes priment sur la quantité de produits.
Concrètement, cela signifie :
• un nettoyage doux, qui ne laisse jamais la peau sèche ou tiraillée ;
• une eau florale ou une lotion simple pour apporter fraîcheur et préparer la peau ;
• quelques gouttes d’une huile adaptée, notamment le soir ;
• un gommage très doux, généralement une fois par semaine au maximum ;
• un geste purifiant plus occasionnel, selon les besoins.
Après 40 ans, la régularité est souvent plus importante que la sophistication. Une routine courte, bien tolérée et suivie chaque jour sera généralement plus cohérente qu’une succession de cures et de nouveautés. Le site SidiB résume cette approche par une idée très juste : une peau qui a de l’histoire mérite un soin adapté à ce qu’elle est devenue, et non à ce qu’elle était autrefois.
Vous avez fondé SidiB après de nombreux voyages au Maghreb : pouvez-vous nous raconter le moment où vous avez compris que l’huile de graines de figue de Barbarie pouvait devenir le cœur d’une cosmétique anti-âge exigeante, et en quoi ses propriétés la distinguent réellement des autres huiles « à la mode » sur le marché ?
Il n’y a pas eu un instant spectaculaire, mais plutôt une succession de prises de conscience.
Au Maroc, j’ai découvert une relation au soin différente de celle que j’avais connue dans l’industrie : moins de produits, davantage de transmission et des gestes répétés avec patience. Les rituels observés autour du hammam m’ont rappelé que la beauté pouvait être à la fois simple, sensorielle et profondément cohérente.
Puis j’ai rencontré l’Opuntia ficus-indica. Tout le monde connaît le figuier de Barbarie, mais peu de personnes mesurent ce que contient réellement sa graine. Son huile est naturellement riche en acides gras essentiels, notamment en acide linoléique, ainsi qu’en vitamine E et en phytostérols. Ces composants présentent une réelle affinité avec les besoins de confort, de souplesse et d’éclat des peaux matures.
Sa différence tient également à sa rareté réelle. Il faut près d’une tonne de fruits pour obtenir un litre d’huile, au terme d’un cycle naturel long et d’un travail considérable de récolte et de séparation des graines. Ce n’est donc pas une rareté inventée par le marketing.
Mais une huile rare n’est pas automatiquement une bonne huile. Tout dépend de l’origine, de la méthode d’extraction, de la fraîcheur, du stockage et de la protection contre l’oxydation. C’est pourquoi nous avons fait le choix de la pression à froid, de la pureté intégrale et d’un flacon Miron®. Ce qui distingue SidiB n’est donc pas seulement l’ingrédient : c’est l’ensemble des décisions prises pour ne pas l’altérer.
Je me méfie des huiles qui deviennent soudainement « à la mode ». Une tendance peut mettre un ingrédient en lumière, mais elle ne remplace ni l’analyse de sa composition, ni la maîtrise de sa qualité, ni la preuve de son efficacité.
L’étude clinique indépendante menée sur des femmes de 45 à 70 ans est un élément fort de crédibilité : quels enseignements précis en avez-vous tirés sur les rides, les taches pigmentaires et l’éclat, et comment ces résultats ont-ils influencé la façon dont vous concevez une routine beauté minimaliste mais efficace après 40 ans ?
L’enseignement principal est qu’un produit extrêmement simple peut produire des résultats mesurables, à condition que l’actif soit de qualité et que son utilisation soit régulière.
L’étude clinique indépendante a été réalisée pendant quatre semaines, sous contrôle dermatologique, auprès de vingt femmes âgées de 45 à 70 ans, avec une application biquotidienne. Elle a montré une diminution moyenne d’environ 20 % de l’apparence des rides lors des mesures instrumentales. Par ailleurs, 95 % des participantes ont déclaré une peau plus uniforme et plus lumineuse, et 80 % souhaitaient continuer à utiliser l’huile.
Ces résultats sont importants pour moi parce qu’ils permettent de sortir du registre de la seule impression. Je viens d’une culture où la science doit précéder le marketing. Le livre raconte d’ailleurs pourquoi j’ai tenu à financer une évaluation clinique d’un produit pourtant composé d’un seul ingrédient.
Je souhaite toutefois être très précis concernant les taches pigmentaires et les cernes. Les données relatives à leur amélioration visible proviennent d’un projet complémentaire consacré à l’actif brut, mené sur une population distincte de femmes de 45 à 65 ans. Elles ne doivent pas être confondues avec l’étude clinique principale SidiB.
Ce que j’en retiens pour une routine après 40 ans est simple : nul besoin de juxtaposer cinq actifs anti-âge lorsque l’on dispose d’un ingrédient complet, bien préservé et correctement utilisé. L’efficacité vient ici de la qualité de l’huile, de la quantité juste — quelques gouttes — et de la régularité pendant au moins 28 jours.
Vous défendez une beauté très naturelle, certifiée Cosmébio, avec des ingrédients 100 % bio et une pression à froid : quelles sont, selon vous, les erreurs les plus fréquentes des femmes de plus de 40 ans dans leur routine (surconsommation de produits, textures inadaptées, actifs mal choisis…) et comment l’approche SidiB propose-t-elle de corriger concrètement ces dérives ?
La première erreur est la suraccumulation. On ajoute un produit pour les rides, un autre pour les taches, un troisième pour la fermeté, puis plusieurs exfoliants et actifs puissants. Chaque achat paraît logique pris isolément, mais l’ensemble finit par devenir illisible.
La deuxième erreur est de confondre efficacité et intensité. Une peau qui picote, chauffe ou pèle n’est pas nécessairement une peau sur laquelle le produit « agit ». Elle peut simplement être irritée.
La troisième est d’agresser la barrière cutanée avec des nettoyages trop décapants ou des exfoliations trop fréquentes. Après 40 ans, une peau plus inconfortable ou plus réactive n’a généralement pas besoin d’être davantage sollicitée.
La quatrième est de choisir un soin uniquement à partir d’une tendance ou d’un pourcentage affiché sur l’étiquette, sans s’interroger sur la qualité globale de la formule, sa tolérance ou la manière dont elle s’intègre à la routine.
Enfin, beaucoup de femmes appliquent trop de produit. Avec une huile pure, trois à cinq gouttes suffisent pour le visage et le cou. En mettre davantage ne la rend pas plus efficace ; cela peut simplement rendre le geste moins agréable.
L’approche SidiB consiste à simplifier pour pouvoir enfin observer. Une formule courte, une origine contrôlée, une extraction à froid, une certification COSMOS ORGANIC et Cosmébio, puis un protocole régulier. L’huile est 100 % pure, sans parfum, conservateur ajouté ni dilution.
Cela ne signifie pas que toute formulation complexe est mauvaise. Cela signifie que chaque ingrédient et chaque étape doivent avoir une fonction identifiable. La beauté de bon sens n’est pas un rejet de la science ; c’est une manière de demander à la science de rester au service de la peau.
Entre vos ateliers cosmétiques à Marrakech (Sidi B Expérience), la vente en wholesale et l’intérêt croissant pour le « less is more » en cosmétique, comment imaginez-vous l’évolution de la routine beauté après 40 ans dans les 5 à 10 prochaines années, et quelle place SidiB veut-elle occuper dans ce mouvement ?
Je pense que nous allons sortir progressivement de la logique de l’accumulation pour entrer dans celle de la sélection.
Les femmes seront de plus en plus exigeantes sur quatre points : la traçabilité, la preuve, la tolérance et l’utilité réelle de chaque produit. Elles ne voudront plus seulement entendre qu’un soin est naturel ou sensoriel ; elles demanderont d’où vient l’actif, comment il est extrait, comment il est protégé et ce que l’on a réellement mesuré.
La routine après 40 ans deviendra probablement plus personnalisée, mais pas nécessairement plus longue. Elle pourra intégrer quelques produits multifonctionnels, des gestes réguliers et une meilleure compréhension des rythmes de la peau. La pédagogie prendra davantage de place : apprendre à observer sa peau sera aussi important que savoir quoi lui appliquer.
Les ateliers à Marrakech participent précisément à cette transmission. Ils permettent de renouer avec la matière première, les gestes et la sensorialité, au lieu de réduire la cosmétique à une liste d’allégations.
SidiB ne cherche pas à occuper tout le marché ni à lancer une nouveauté chaque mois. Nous souhaitons devenir une référence de la Beauté de bon sens : peu de produits, mais chacun avec une raison d’être claire ; des actifs naturels préservés ; des résultats documentés ; et une parole suffisamment honnête pour reconnaître ce qu’un produit peut faire, mais aussi ce qu’il ne peut pas promettre.
Dans cinq ou dix ans, j’aimerais que l’on ne définisse pas seulement SidiB comme une marque d’huile de figue de Barbarie, mais comme une marque qui a aidé les femmes à retrouver une relation plus simple, plus consciente et plus confiante avec leur peau.
Pour conclure, si vous deviez donner un seul conseil à une femme qui souhaite réinventer dès aujourd’hui sa routine beauté après 40 ans, en respectant sa peau, son âge et la planète, quel serait-il et pourquoi ?
Je lui dirais :
Avant d’ajouter un nouveau produit, retirez tout ce dont vous ne comprenez plus réellement l’utilité.
Conservez pendant quelques semaines une routine courte, douce et régulière. Observez le confort de votre peau, son éclat, ses réactions et ce qui lui manque véritablement.
Ce conseil respecte la peau parce qu’il évite la sursollicitation. Il respecte l’âge parce qu’il ne cherche pas à effacer une histoire, mais à accompagner la peau telle qu’elle est devenue. Et il respecte davantage la planète parce que le produit le plus responsable reste souvent celui que l’on n’achète pas inutilement.
C’est finalement toute la philosophie de SidiB et de Moins. Mais mieux. :
La peau ne demande pas plus. Elle demande mieux.
Pour en savoir plus : https://www.sidib.fr